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Comment faire pour toucher la retraite complémentaire ?

Les règles relatives au paiement des pensions de retraite complémentaires pour 22 millions de salariés de l’industrie, du commerce et des services ou de l’agriculture seront modifiées au début de l’année prochaine. Ce changement important, adopté fin 2015 par les partenaires sociaux pour préserver l’équilibre financier des régimes complémentaires, n’a rien à voir avec la prochaine refonte majeure de notre système de retraite, sur laquelle travaille actuellement Jean-Paul Delevoye, le Haut Commissaire chargé de la réforme des retraites. Néanmoins : la pénalité ou « coefficient de solidarité » qui réduira de 10 % le montant des pensions de l’AGIRC-ARRCO pendant 3 ans, pénalisera clairement les futurs retraités. Pour un cadre supérieur qui reçoit par exemple 1000 € par mois de pension de base versée par la CNAV et 3000 € par mois de pension complémentaire, le manque à gagner sera de 10 800 € (300 € x 36 mois) ! Il existe différentes stratégies pour l’éviter. Les voici.

Retardez votre départ de un an

C’est le numéro une solution, et pour cause : c’est aussi la plus simple. Son principe n’est pas de prendre sa retraite à l’âge où vous atteignez le plein taux, mais à partir de 4 trimestres civils plus tard afin de recevoir 100 % de vos pensions de retraite complémentaires dès le départ (ce qui est le cas aujourd’hui pour toutes les personnes âgées…) et pas seulement 90 % pendant 3 ans. Pour mémoire, le taux plein est une notion qui fait référence au régime de base (CNAV ou régime général pour les salariés du secteur privé…) et à la durée de l’assurance vieillesse, ou au nombre de trimestres de retraite imposés à chaque génération par règlement : une personne née en 1957 doit, par exemple, cumuler 166 trimestres s’il souhaite faire usage de ses droits à pension à partir de 62 ans (âge légal de départ actuellement en vigueur) sans subir de réduction ou de réduction, mais une personne née en 1960 doit en avoir 167, et ainsi de suite. Pour reporter la date de votre départ à la retraite, vous pouvez tout d’abord travailler un an de plus, sans avoir besoin de l’approbation de votre employeur : en fait, en dehors d’un licenciement ou d’une interruption conventionnelle en bonne et due forme, ce dernier ne peut pas automatiquement vous mettre à la retraite si vous avez moins de 70 ans. Vous pouvez également travailler en levant un peu le pied, c’est-à-dire en adoptant un temps partiel ou mieux encore, en vous inscrivant à un régime de retraite progressive. Vous pouvez enfin « consommer » tous les droits que vous avez accumulés sur un compte épargne temps… si vous avez la chance d’en avoir un !

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Se mettre d’accord avec votre employeur

Deuxième stratégie potentielle : obtenir à votre employeur une prime exceptionnelle dont le montant sera équivalent à la pénalité que vous subirez au cours des 3 prochaines années. Cette approche présente deux avantages majeurs. Tout d’abord, vous pouvez partir dès 62 ans, ou dès votre âge adulte s’il vient plus tard, comme si rien ne s’était passé. En d’autres termes, vous pourrez profiter de votre retraite immédiatement. Deuxièmement, votre employeur, qui doit certainement vous verser une prime, n’aura pas à vous payer une année supplémentaire de salaire, y compris les dépenses. En d’autres termes, cela vous permettra d’économiser beaucoup d’argent !

Compenser ensuite le manque à gagner

Contrairement aux deux possibilités précédentes, vous pouvez choisir de partir dès que vous avez atteint l’âge légal, quel qu’en soit le prix, mais d’agir plus tard… comment ? En envisageant une combinaison d’emploi et de retraite qui compensera la perte de revenus causée par la pénalité. En d’autres termes, une fois que vous serez à la retraite, vous devrez travailler à nouveau ! Une hypothèse moins absurde qu’il n’y paraît, surtout si vous souhaitez pratiquer différemment (en devenant consultant par exemple) ou mettre en avant une autre de votre expertise.

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Partez avec une réduction

Cette stratégie s’adresse uniquement à ceux qui sont arrivés en retard sur le marché du travail et n’auront donc pas, en termes d’âge légal, le nombre de trimestres suffisant pour calculer leur pension au taux plein : vous êtes né en 1958 par exemple et sachez déjà qu’à 62 ans vous ne validerez que 165 trimestres au lieu de 167 nécessaires. Dans ce cas, que dois-je faire ? Dans un premier temps, éditez une estimation indicative globale (EIG) du montant de vos pensions (sur le portail info-retraite.fr, via votre espace sécurisé). Évaluez ensuite la différence entre une pension calculée avec un escompte (2,50 % pour 2 trimestres manquants pour la pension de base) et un coefficient dit d’anticipation (2 % pour la pension complémentaire AGIRC-ARRCO) et une pension qui pourra vous être versée plus tard, à taux plein, mais qui subira une pénalité de 10 % pendant 3 ans sur la partie complémentaire. Enfin, comparez : s’il faut environ vingt ans pour que le déficit annuel (dû aux pensions calculées avec les minorités permanentes) soit égal à la pénalité, il peut être dans votre intérêt de partir dès 62 ans, car, même si cela n’est pas agréable à entendre, rien ne laisse penser que vous vivrez au-delà de vos 82 ans…

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