Pourcentage de personnes vivant jusqu’à 95 ans : chiffres et réalités

3 février 2026

Femme de 95 ans lisant une lettre dans un intérieur chaleureux

En France, moins de 1 % de la population atteint l’âge de 95 ans. La probabilité de franchir ce seuil varie fortement selon le sexe, le niveau de vie ou l’accès aux soins, révélant d’importantes inégalités devant la longévité.

Les données de l’Insee montrent une progression régulière du nombre de nonagénaires au fil des décennies, tandis que les conditions de vie et les besoins d’accompagnement évoluent rapidement. Derrière ces chiffres se dessinent des réalités contrastées, tant sur le plan social que médical.

Vivre jusqu’à 95 ans en France : quelle réalité démographique aujourd’hui ?

La France n’a jamais compté autant de seniors. L’INSEE recense aujourd’hui près de 31 000 centenaires, là où ils n’étaient qu’un millier au début des années 1970. Cette explosion du nombre de très grands âges s’accompagne d’une montée lente mais réelle des personnes atteignant 95 ans et plus, même si cet âge reste une exception : moins de 1 % des Français y parviennent.

Les écarts entre les sexes frappent aussitôt. Chez les 95 ans et au-delà, les femmes dominent largement : 77 % contre 23 % d’hommes. Cette différence se creuse encore parmi les supercentenaires, ceux qui franchissent 110 ans, où près de 9 sur 10 sont des femmes, selon les chiffres croisés du RNIPP et de l’IDL. En 2023, la France comptait déjà autant de 105 ans et plus qu’elle ne recensait de centenaires en 1981.

La longévité avance, mais pas partout au même rythme ni pour tous. La Guadeloupe et la Martinique affichent un taux de supercentenaires huit fois plus élevé que l’Hexagone. Côté espérance de vie, on atteint désormais 85,6 ans pour les femmes contre 80 ans pour les hommes. Franchir le seuil des 95 ans demeure pourtant rare, réservé à une petite frange de la population.

Quelques chiffres résument cette évolution démographique :

  • En 2024, la France compte 31 000 centenaires.
  • En 2023, 2 000 personnes ont 105 ans ou plus.
  • L’année 2022 a vu 39 décès de supercentenaires enregistrés.

Pour attester ces âges remarquables, les autorités s’appuient sur des bases de données structurées : le fichier RNIPP et la base de l’IDL, références incontournables pour garantir la fiabilité des statistiques extrêmes.

Quels sont les chiffres clés sur la longévité et la proportion de nonagénaires ?

L’espérance de vie française continue de progresser, soutenue par les avancées médicales et un cadre de vie globalement amélioré. En 2024, elle s’établit à 85,6 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes. Mais les 95 ans restent une frontière : très peu la franchissent, surtout les hommes. Les femmes, elles, représentent toujours 77 % des 95 ans et plus.

La part des seniors grandit : 21,8 % des Français auront 65 ans ou plus en 2025, soit 14,9 millions de personnes. Parmi eux, 7,3 millions dépasseront 75 ans. Cette croissance rapide du grand âge s’observe dans toute l’Europe mais la France métropolitaine se distingue particulièrement par la rapidité de ce vieillissement.

Les nonagénaires pèsent de plus en plus dans la pyramide des âges. En 2023, la population de 105 ans et plus égale celle des centenaires de 1981. Mais les écarts régionaux perdurent : la Guadeloupe et la Martinique restent des territoires à la longévité exceptionnelle.

Pour mieux saisir la structure de cette longévité, voici quelques repères :

  • Parmi les plus de 65 ans, 57 % sont des femmes ; chez les 95 ans, elles sont 77 %.
  • En 2024, l’espérance de vie à la naissance s’établit à 85,6 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes.
  • La part des nonagénaires progresse, mais reste limitée comparée à l’ensemble de la population.

La France devance toujours ses voisins européens en matière de longévité féminine, devant l’Espagne et l’Italie. Une position qui s’explique par un ensemble de facteurs, allant de la qualité du système de santé à la prévention, mais aussi à des modes de vie globalement favorables aux femmes.

Modes de vie, parcours et défis quotidiens des Français de 95 ans et plus

Arriver à 95 ans en France, c’est faire partie d’un cercle restreint. Chacun, chacune, porte une histoire de résistance et d’ajustements constants. La plupart vivent désormais en institution, comme le montre le cas du Tarn-et-Garonne où, passé un certain âge, rester chez soi devient rare. L’entrée en établissement médicalisé marque un changement profond, souvent motivé par la nécessité d’une prise en charge renforcée.

L’autonomie, ou ce qu’il en reste, devient un enjeu central. Pour la majorité, la dépendance s’installe peu à peu, entraînant des besoins accrus en assistance. L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) prend alors toute son importance, permettant de financer une partie de l’aide quotidienne. Le lien social évolue aussi : les visites, les activités collectives, les petits rituels du quotidien prennent une valeur particulière. Les femmes, majoritaires à ces âges, entretiennent souvent des liens solides avec le personnel et les autres résidents, insufflant une certaine énergie collective.

Quelques personnalités incarnent ce grand âge. Eudoxie Baboul, doyenne des Français en 2016, a vécu jusqu’à 115 ans en Guyane. Jeanne Calment, elle, conserve le record mondial avec ses 122 ans à Arles. Ces vies hors norme montrent la multiplicité des parcours, entre capacité d’adaptation et soutien familial ou institutionnel.

Au quotidien, l’accompagnement s’appuie sur des équipes expérimentées, formées à répondre à des besoins très spécifiques. Si peu de personnes réussissent à rester à domicile, certaines conservent une part d’autonomie grâce à des dispositifs sur mesure. Entre vie en institution et maintien à domicile, les situations varient, reflétant l’évolution permanente des attentes et des réalités du très grand âge.

Groupe de seniors marchant dans un parc en souriant

Vieillir activement : enjeux de société et pistes pour mieux accompagner les seniors

Vieillir activement ne se résume jamais à une simple question de longévité. En 2025, plus d’un cinquième des Français auront 65 ans ou plus. Face à cette transition, les politiques publiques évoluent, tout comme les dispositifs d’accompagnement. L’allocation personnalisée d’autonomie devient incontournable, touchant des millions de bénéficiaires chaque année. Mais les défis sont nombreux : préserver l’autonomie, adapter les logements, combattre l’isolement, favoriser l’inclusion sociale.

Accompagner les seniors ne se limite pas à une prise en charge médicale. Les collectivités et les familles doivent anticiper les besoins spécifiques des nonagénaires et centenaires. Cela implique des aménagements dans les villes, des services à domicile, mais aussi une mobilisation active contre l’isolement. Les femmes, largement majoritaires parmi les plus âgés, sont souvent les premières à bénéficier de ces politiques d’aide à domicile ou d’entrée en institution.

Pour répondre à la diversité des situations, plusieurs pistes se dessinent :

  • Développer les services de proximité : portage de repas, transports adaptés, soutien psychologique.
  • Former les professionnels : mieux comprendre les enjeux de la grande longévité, savoir repérer les fragilités émergentes.
  • Donner la parole aux aînés : les associer aux décisions locales, valoriser leur expérience dans les conseils de vie sociale.

Une chose est sûre : les trajectoires de vie s’allongent. En 2023, le nombre de personnes âgées de 105 ans et plus a rejoint celui des centenaires d’il y a quarante ans. Ce basculement oblige à réinventer l’accompagnement, de la prévention de la perte d’autonomie jusqu’à la gestion de la dépendance avancée. La société devra choisir quelle place offrir à ses doyens et quels moyens mobiliser pour garantir à chacun une existence digne, active, et respectée, jusque dans le grand âge. Le cap des 95 ans n’est plus un mirage statistique : il invite à repenser nos solidarités et notre regard sur la longévité.

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