Lettre de départ retraite et congés payés : modèle simple à copier-coller et adapter

8 juin 2026

Femme cadre en fin de carrière rédigeant sa lettre de départ à la retraite à son bureau d'entreprise

Un salarié qui part à la retraite avec un solde de congés payés non pris se retrouve face à une double contrainte : rédiger une lettre de départ conforme et s’assurer que ses jours restants seront bien indemnisés. Les deux sujets se traitent dans le même courrier, à condition de savoir quoi formuler et où le placer dans la lettre.

Congés payés non pris avant la retraite : ce que le salarié peut exiger

Quand on quitte une entreprise pour un départ à la retraite, les congés payés acquis et non consommés donnent droit à une indemnité compensatrice de congés payés. Cette règle s’applique que le départ soit volontaire ou à l’initiative de l’employeur.

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L’indemnité figure sur le solde de tout compte. Elle couvre les jours acquis sur la période en cours et, le cas échéant, ceux reportés d’une période antérieure. On n’a pas besoin de les « poser » avant de partir pour y avoir droit.

En revanche, l’employeur peut demander au salarié de prendre ses congés restants pendant le préavis. Si le salarié refuse ou si le préavis est trop court pour écouler le solde, l’indemnisation devient automatique. Le mentionner dans la lettre de départ n’est pas une obligation légale, mais c’est une précaution utile : cela crée une trace écrite du solde revendiqué.

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Modèle de lettre départ retraite avec mention des congés payés

Le courrier ci-dessous combine la notification du départ volontaire à la retraite et la demande explicite de traitement des congés payés restants. Il suffit de remplacer les mentions entre crochets.

Lettre type à copier-coller

[Prénom Nom]
[Adresse]
[Code postal – Ville]

[Nom de l’entreprise]
[Service des ressources humaines ou nom du responsable]
[Adresse de l’entreprise]
[Code postal – Ville]

À [Ville], le [date]

Objet : notification de départ volontaire à la retraite

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous informe de ma décision de faire valoir mes droits à la retraite. Mon départ prendra effet le [date de fin souhaitée], à l’issue de mon préavis d’une durée de [durée du préavis selon convention collective ou contrat de travail].

À la date de ce courrier, je dispose d’un solde de [nombre estimé] jours de congés payés acquis et non pris. Je vous saurais gré de bien vouloir m’indiquer si vous souhaitez que je les prenne durant mon préavis ou si une indemnité compensatrice de congés payés sera versée avec mon solde de tout compte.

Je reste à votre disposition pour organiser la transition de mes missions dans les meilleures conditions.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

Homme à la retraite préparant sa lettre de départ et planifiant ses congés payés depuis son domicile

Préavis de départ retraite : durée et articulation avec les congés

Le délai de préavis applicable dépend de la convention collective, de l’accord d’entreprise ou, à défaut, du contrat de travail. Dans la plupart des cas, le préavis de départ retraite va d’un à trois mois selon l’ancienneté et le statut (cadre ou non-cadre).

L’articulation avec les congés payés pose souvent question. Deux cas de figure reviennent sur le terrain :

  • L’employeur accepte que le salarié pose ses congés pendant le préavis : la date de sortie effective reste la même, mais une partie du préavis est couverte par des jours de congé. Le salarié perçoit alors son salaire normal pendant ces jours.
  • L’employeur refuse ou le préavis est trop court : les congés non pris sont convertis en indemnité compensatrice, versée avec le dernier bulletin de paie et le solde de tout compte.
  • Le salarié et l’employeur conviennent d’un aménagement : par exemple, le salarié prend une partie de ses congés et touche l’indemnité pour le reste. Les retours varient sur ce point selon les pratiques internes de chaque entreprise.

Dans tous les cas, le préavis ne peut pas être prolongé par la prise de congés sauf accord explicite des deux parties. Mieux vaut clarifier ce point dès l’envoi de la lettre.

Adapter la lettre selon la convention collective et le type de départ

Le modèle ci-dessus couvre un départ volontaire classique. Deux situations exigent des ajustements.

Mise à la retraite par l’employeur

Quand c’est l’employeur qui notifie la mise à la retraite (possible à partir d’un certain âge selon la législation en vigueur), le salarié n’a pas à rédiger de lettre de notification. En revanche, il peut envoyer un courrier de confirmation mentionnant son solde de congés, pour garder une trace.

La formulation change : on remplace « je vous informe de ma décision » par « je prends acte de votre décision de mise à la retraite notifiée le [date] » et on maintient le paragraphe sur les congés payés.

Convention collective avec dispositions spécifiques

Certaines conventions prévoient des jours de congé supplémentaires liés à l’ancienneté, ou des indemnités de départ retraite majorées qui se cumulent avec l’indemnité de congés payés. Avant d’envoyer le courrier, on vérifie dans sa convention :

  • La durée exacte du préavis applicable à son statut et son ancienneté
  • L’existence éventuelle de congés d’ancienneté non pris, qui suivent le même régime que les congés payés légaux
  • Les modalités de calcul de l’indemnité de départ, distincte de l’indemnité de congés mais versée en même temps

Envoi de la lettre : recommandé ou remise en main propre

La lettre de départ retraite n’a pas de formalisme imposé par le Code du travail, mais un envoi en recommandé avec accusé de réception sécurise la date de départ. C’est cette date qui fait courir le préavis.

L’alternative est la remise en main propre contre décharge datée et signée. Dans les deux cas, on conserve une copie. Si le courrier mentionne le solde de congés, l’accusé de réception ou la décharge servent aussi de preuve en cas de désaccord ultérieur sur le nombre de jours dus.

Un point souvent négligé : la lettre doit parvenir à l’employeur suffisamment tôt pour respecter le délai de préavis. Si le préavis court à compter de la réception du courrier, un envoi tardif décale mécaniquement la date de sortie effective.

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