À quel moment demander le régime de pensions du Canada pour en profiter au mieux

1 mars 2026

60, 65 ou 70 ans : ces chiffres ne sont pas des jalons arbitraires, mais des carrefours où se jouent des choix décisifs. Impossible de trancher à la hache, tant tout dépend de votre histoire, de vos revenus, de votre santé, de votre vie de couple. Ajoutez à cela la fiscalité et l’éventail des prestations sociales : le calcul devient affaire de stratégie personnelle.

Qu’est-ce que le régime de retraite ?

Le Régime de pensions du Canada (RPC) n’est pas une manne automatique. Il récompense les années où vous avez cotisé, et c’est uniquement sur cette base qu’il verse ses prestations. À partir de 60 ans, vous pouvez commencer à recevoir une pension, mais le montant sera réduit. Attendre jusqu’à 70 ans vous assure au contraire un revenu mensuel plus généreux.

Voici comment les règles de calcul influencent le montant versé :

  • Si vous décidez de toucher la pension à 65 ans, le paiement maximal atteint 1 175,83 $ par mois (données 2020).
  • En choisissant de la recevoir avant 65 ans, une réduction de 0,6 % par mois s’applique. À 60 ans, cela peut représenter jusqu’à 36 % de moins.
  • À l’inverse, chaque mois d’attente après 65 ans augmente la prestation de 0,7 %. Ceux qui patientent jusqu’à 70 ans peuvent obtenir un supplément de 42 %.

Que faire ?

Le bon moment pour demander le RPC dépend de votre situation. Parfois, il vaut mieux privilégier un versement anticipé. D’autres fois, patienter offre de meilleurs avantages à long terme.

Pourquoi demander à 60 ans ?

Certains profils ont tout intérêt à démarrer tôt. Voici dans quels cas cette option prend tout son sens :

  • Votre revenu de pension est bas. Le supplément de sécurité de la vieillesse devient alors accessible à 65 ans. Mais si vous attendez pour demander le RPC et que votre pension grimpe, ce supplément risque d’être réduit, voire supprimé.
  • Vous déclarez au moins 77 000 $ nets par an à la retraite. Repousser le RPC à 65 ans et dépasser ce seuil entraîne une réduction de la Sécurité de la vieillesse, liée aux revenus excédentaires.
  • Votre santé, ou l’hérédité, laissent présager une espérance de vie plus courte. Dans ce cas, percevoir la pension plus tôt permet de profiter des prestations sur la période où vous en aurez le plus besoin. À 74 ans, une personne ayant commencé à 60 ou 65 ans aura reçu au total un montant très proche, à condition d’avoir touché le maximum auquel elle avait droit.
  • Si vous et votre conjoint touchez tous deux une forte prestation du RPC, la pension de survivant risque d’être diminuée, voire annulée. En effet, selon les règles, la somme des pensions du bénéficiaire décédé et du survivant ne peut dépasser le plafond prévu pour la pension à 65 ans.

Pourquoi attendre 65 ans ou plus ?

Pour d’autres, reporter la demande s’avère plus avantageux. Voici les profils concernés :

  • Un revenu imposable élevé entre 60 et 70 ans : dans cette tranche, les prestations du RPC risquent de vous faire grimper dans une catégorie d’imposition supérieure. Si vous n’avez pas besoin de cet apport supplémentaire immédiatement, repoussez la date de demande.
  • Une espérance de vie au-delà de la moyenne : ceux qui vivent longtemps touchent davantage en attendant, car le revenu total du RPC finit par dépasser celui obtenu en commençant plus tôt.
  • Si votre conjoint perçoit une pension faible du RPC, retarder votre propre demande peut s’avérer judicieux. Vous bénéficierez ainsi d’un versement mensuel plus élevé. En cas de décès, la pension combinée pourra aussi être plus avantageuse.

La solution : l’évaluation personnelle

Avant toute décision, un passage en revue de votre situation financière s’impose : revenus, besoins, espérance de vie, situation conjugale. Prenez le temps d’analyser vos options : ce revenu est-il nécessaire à 60 ans ? À quoi ressemblent vos perspectives de vie et celles de votre partenaire ?

Rencontrer un planificateur financier reste la meilleure façon d’y voir clair et d’optimiser vos droits, tout en évitant les mauvaises surprises fiscales. Ce choix n’appartient qu’à vous, mais il mérite d’être posé sur la table avec lucidité. Après tout, la retraite ne laisse pas de place aux regrets inutiles : mieux vaut choisir son cap que se laisser porter par le courant.

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